Les orientations budgétaires

Comme chaque année, préalablement au vote du budget primitif, le débat d’orientation budgétaire représente une étape essentielle de la procédure budgétaire de notre collectivité car il permet de dresser les perspectives d’action pour l’année à venir.

Orientations budgétaires 2026

Séance du 23 janvier 2026

Le débat d’orientation budgétaire constitue une étape déterminante dans la préparation du budget 2026 de la collectivité. Il s’est inscrit dans un contexte financier contraint et incertain, marqué notamment par l’absence de loi de finances pour 2026. Comme en 2024, une loi spéciale adoptée fin 2025 a garanti la continuité des services publics en début d’exercice, dans l’attente d’arbitrages nationaux.

Les orientations proposées visent à élaborer un budget équilibré et sincère fondé sur une évaluation prudente des ressources. L’objectif est de dégager une épargne minimale permettant de financer les missions obligatoires, de stabiliser le niveau d’endettement et d’éviter une dégradation de la capacité de désendettement.

La stratégie budgétaire 2026 repose sur la poursuite d’un effort de maîtrise des dépenses, notamment à travers :

  • un renforcement des mesures de rigueur en matière de ressources humaines (réduction des remplacements temporaires, suppressions de postes, allongement des délais de recrutement, décalage des avancements de grade) ;
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  • l’absence de nouveaux projets informatiques ;
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  • la réduction des moyens logistiques et de la portance des loyers externes ;
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  • la poursuite de la politique de cession d’actifs ;
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  • la reconduction de la contribution au SDIS au niveau de 2025 ;
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  • la poursuite du lissage des crédits d’investissement au Syndicat Gers Numérique ;
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  • la neutralisation de toute nouvelle programmation 2026 en autorisations de programme pour les aides aux communes et l’habitat, les crédits de paiement inscrits au budget 2026 étant consacrés à la couverture des engagements antérieurs.
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  • La collectivité vise par ailleurs la stabilisation de l’encours de dette. L’emprunt nouveau de 13,75 M€ sera équivalent au remboursement en capital de la dette, dans un contexte de dégradation de l’épargne brute impactant déjà fortement le ratio de désendettement.
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L’évolution contenue des dépenses de fonctionnement et quelques priorités sectorielles

Les dépenses de fonctionnement 2026 devraient atteindre 297,6 M€, malgré une progression contenue. Elles se répartissent principalement entre la politique de solidarité départementale (55,2 %), les dépenses de personnel (25,8 %), tandis que les autres charges de fonctionnement représentent le solde de 19 %. Cette évolution intègre la hausse des dépenses sociales et les effets exogènes sur la masse salariale, notamment l’augmentation des cotisations CNRACL, mesure exogène à la charge de la collectivité dont l’impact financier atteindra 13,74M€ en cumulé sur 5 ans (2024-2028).

Dans ce cadre budgétaire, la collectivité maintient :

  • la stabilité des crédits dédiés à la culture et au sport ;
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  • un engagement fort en faveur des soins de premiers recours et des actions de prévention ;
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  • l’adaptation des politiques de solidarité départementale, conformément aux décisions adoptées en séance du 7 novembre 2025.
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  • Un effort particulier est consacré aux infrastructures routières afin de limiter la constitution d’une «  dette grise  ». Les besoins seront couverts à 94 % en section de fonctionnement, garantissant la continuité des services liés aux mobilités. La mise en 2x2 voies de la RD 1124 demeure l’opération d’investissement majeure, représentant plus de 60 % des crédits d’investissement de la direction concernée.
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Un niveau d’investissement qui reste soutenu 

Les crédits d’investissement progresseront de 2,39M€ par rapport au compte administratif prévisionnel pour 2025, pour atteindre environ 54,15 M€ en crédits de paiement au 1er janvier 2026 (hors dette et résultats reportés) dont 76% affectés à la direction des routes et des mobilités. Un niveau minimal d’intervention est également garanti dans le secteur de l’eau, malgré une réduction de l’effort global. Le plan d’investissement 2026 en crédits de paiement  est détaillé dans le rapport. Les Autorisations de Programme devraient s’établir à 193,2M€ dans le cadre de ce budget.

Les enjeux financiers à moyen terme

Malgré la mise en œuvre d’un plan d’économies pluriannuel, la capacité d’autofinancement du Département continue de se dégrader sous l’effet de l’écart croissant entre recettes et dépenses de fonctionnement. Cette trajectoire appelle une vigilance accrue et une réflexion stratégique sur les leviers disponibles pour préserver la soutenabilité budgétaire.

Plus largement, le constat s’impose de la nécessité de repenser le modèle de financement des départements. L’évolution des compétences et la dynamique des dépenses obligatoires, en particulier sociales, révèlent les limites d’un système de ressources de plus en plus déconnecté des charges supportées. En l’absence de réforme structurelle, le risque de déséquilibre financier pourrait compromettre la capacité des départements à assurer durablement leurs missions, à investir et à répondre aux besoins des populations.

Mis à jour le 09/02/2025