Lou Rey du Mouchon

WEBSERIE - Maxime Rey, «  le roi du cochon  » laineux du Gers

Maxime Rey, « le roi du cochon » laineux du Gers

À Roquefort, au cœur du Gers, un drôle de cochon fait parler de lui. Avec sa toison frisée et son allure rustique, le porc laineux Mangalica, élevé par Maxime Rey à la ferme Lou Rey Du Mouchon, attire de plus en plus de curieux et de gourmets. Mais au-delà de son look original, cette viande rare séduit aussi les amateurs de produits sains et authentiques. Une production confidentielle, d’excellence, vitrine d’une agriculture gersoise qui n’a pas peur de se réinventer.

Ancien nutritionniste en alimentation animale, Maxime Rey a choisi de revenir sur la terre familiale pour se consacrer à un élevage pas comme les autres. Sur ses prairies et bois de Roquefort, il élève une centaine de porcs laineux en plein air. Ces animaux rustiques, originaires de Hongrie, se distinguent par leur croissance lente et leur capacité à s’adapter aux conditions naturelles. L’aventure de Lou Rey du Mouchon ( « le roi du cochon »)  démarre en pleine période de Covid-19. Pas de quoi le décourager : il faut du temps et de la patience pour sortir les premiers produits transformés. Ces cochons à croissance lente sont élevés deux ans et demi en plein air, soit deux fois plus longtemps que les porcs noirs. Même exigence pour l’affinage, qui s’étale sur plus d’un an.

«  Je voulais un élevage respectueux des animaux, du rythme de la nature et du goût  », explique Maxime. Les cochons se nourrissent de céréales locales, de tourteaux de colza et de graines de lin, sans OGM. Une alimentation équilibrée, riche en acides gras naturels, qui influence directement la qualité de la viande.

Une viande gourmande… et vertueuse

Longtemps oubliée, la viande du porc laineux retrouve aujourd’hui sa place sur les tables gastronomiques. Et pour cause : sa chair persillée et fondante se distingue par une texture exceptionnelle et un goût délicat.

Mais la surprise ne s’arrête pas là : le porc Mangalica serait aussi plus riche en oméga-3, « il en contient trois fois plus que le poisson », assure Maxime Rey, tout en étant plus pauvre en cholestérol. Son gras, plus fin et mieux équilibré, fond littéralement en bouche et contribue à cette sensation de moelleux unique.

«  On mange moins, mais on mange mieux  », résume Maxime Rey, convaincu que le plaisir gustatif peut aller de pair avec une approche plus saine et raisonnée de l’alimentation.

L’élevage du porc laineux incarne une vision moderne de l’agriculture : durable, locale et respectueuse du vivant. Les animaux vivent dehors, profitent d’une alimentation naturelle et d’un environnement calme. Ce bien-être animal se ressent jusque dans la qualité de la viande, plus tendre et savoureuse.

Dans un contexte où la confiance des consommateurs est primordiale, Maxime montre qu’il est possible de conjuguer plaisir, santé et durabilité. Lou Rey Du Mouchon redonne au cochon ses lettres de noblesse – et à nos assiettes, le goût du vrai.

Production locale et circuits courts

À Lou Rey Du Mouchon, tout est pensé pour valoriser la production locale. La transformation – salaisons, conserves, charcuteries – est réalisée sur place ou dans des ateliers partenaires du Gers. Les produits sont ensuite vendus en circuits courts, à la ferme, sur les marchés, ou auprès de restaurateurs et d’épiceries fines de la région. Viande, saucissons, pâtés, jambons, coppas ou ventrèches : la production de Maxime Rey a déjà conquis les gourmets bien au-delà des frontières du Gers. Son travail est d’ailleurs référencé par le Collège Culinaire de France, fondé par de grands chefs étoilés — une reconnaissance qui lui donne des ailes.

L’éleveur fourmille de projets pour valoriser sa production atypique et faire connaître cette race de porcs laineux au plus grand nombre : création d’un laboratoire, ouverture d’une boutique de vente directe, nouveaux produits dérivés…

L’éleveur va même plus loin en transformant le saindoux en savon artisanal, symbole d’une démarche sans gaspillage. «  On cherche à valoriser le bon gras, présent en quantités importantes sur ce cochon. Nous avons déjà créé des savons en partenariat avec un savonnier toulousain, et nous travaillons sur une gamme de saindoux  », précise-t-il.

Le Mangalica, un cochon d’exception venu de l’Est

Originaire de Hongrie, le Mangalica — aussi appelé porc laineux — intrigue autant qu’il séduit. Il s’agit de l’une des races de porc les plus vieilles d’Europe ! Reconnaissable à sa toison bouclée et à son allure rustique, il est aujourd’hui considéré comme l’une des races porcines les plus rares d’Europe. Longtemps menacé de disparition, ce cochon calme et sociable, au look de mouton connaît une véritable renaissance grâce à quelques éleveurs passionnés : ils ne sont qu’une petite dizaine en France, et un seul dans le Gers. Grâce à sa toison bouclée il a grande résistance au froid mais aussi aux maladies. «  Il me fallait une espèce autonome et résistante, ne nécessitant pas un investissement trop important  », explique Maxime Rey.

Sa particularité ? Une viande rouge persillée et fondante, réputée pour son goût riche et sa texture moelleuse. On le compare volontiers au bœuf de Kobe pour son fondant et au jambon Pata Negra pour son arôme délicat. Son mode d’élevage extensif favorise le bien-être animal et la durabilité environnementale, tout en redonnant à la viande porcine ses lettres de noblesse.